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 Clover & Hyacinthe — Hand in mine into your icy blues

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MessageSujet: Clover & Hyacinthe — Hand in mine into your icy blues Dim 28 Aoû - 15:53



Brumeuses sont certaines journées. J’ai ressenti ce froid jusqu’au plus profond de ma moelle épinière, secouant mon corps de violentes vagues de frissons que je ne pouvais contrôler. Ma sensibilité me perdait dans des sensations désagréables. Je me suis frotté les yeux, écrasant la naissance de toutes les perles salées de mon âme. Pas maintenant, je ne pourrais jamais arrêter. Mes pas sont hasardeux, mon corps ignore ce qu’il fiche ici bas sur cette terre. Il voudrait s’étendre dans un tendre cercueil, mais mon corps ne sera que découpé par des étudiants en médecine. A moins que la mère d’Hippolyte se manifeste pour récupérer la dépouille d’un fils qu’elle avait bousillé. Je repensais soudainement à cette petite fille, je voyais sa pierre tombale et l’envie de me coucher là bas et attendre la mort me semblait idéal. Un battement de cil balaya les idées et fit disparaître la vision d’Hippolyte. Cette sensation de retour en arrière était des plus désagréables ; je ne supportais pas cette douleur car cet être sans avenir me hantait et voulait encore reprendre son identité pour me conduire à la mort.

J’ouvrais les yeux sur un nouveau monde. Elle était toujours là, la source de mon élan d’émotivité. Je m’en suis approché lentement. Je l’ai vu sortir de l’immeuble de l’aide social en marchant extrêmement vite sur cinq mètres puis tout à coup elle perdit sa détermination. Le regard rougit et hagard, elle semblait ne plus savoir où aller. Sur ce banc là elle avait échouée. Sa silhouette voutée, je suis resté planté là à contempler son profil. C’est bien après que je me suis enfin permis de venir m’asseoir sans un bruit à coté d’elle. J’ai fixé la voie du tramway avant de lentement tourner la tête en sa direction. Un premier échange de regard qui me troublait de plus bel. J’ignorais ce que mon esprit voulait me faire passer comme message. Je connais cet air misérable, ce moment où l’on se retrouve sans personne face à la rue contradictoirement surpeuplée.

J’ai de nouveau fixé la ligne de tramway et sans rien dire j’ai posé mes doigts sur sa main proche de la mienne. Sous la pulpe de mes doigts je sentais ce petit cœur qui m’appartient, le cœur de la rue. J’ignore depuis combien de temps je n’ai été de manière si volontaire au contact physique avec un autre être humain. L’insouciance de mon geste ne persista que quelques instants où la vie semblait plus simple. Sorti de mon état de spectre j’ai de nouveau planté mon regard dans le sien.

— Tu veux faire un tour ?

J’aurais pu lui dire mon nom ou lui demander le sien. J’aurais pu lui dire que ça va aller et que les choses s’arrangent toujours ; mais je n’en sais rien si les choses s’arrangent vraiment à chaque fois. Je voulais seulement lui dire que ce n’était pas si dramatique, la vie de la rue n’était pas l’enfer que l’on croit quand l’on apprend à apprécier les choses les plus infimes. Je ne savais comment le lui dire, je pensais qu’il était plus simple de le lui montrer. Je dessine sur mes lèvres un sourire bancal. Une bienfaitrice m’avait prêté son toit, j’aurai du me peigner… Je ne pensais pas rencontrer une abandonnée aussi splendide. Je me sens seul depuis Quincy, les jours passent et les sans abris ne semblent vouloir de moi par ici. Les règles sont devenues rudes, mais ils n’auront pas mon essence et je refusais de céder à la morbidité qui m’habite.

J’enlève ma main, la repose sur mes genoux pour rejoindre l’autre. En baissant la tête je regarde mes doigts couverts de bactéries. Toutes ces bactéries sur un parasite. La réalité fuyant mon esprit m’empêchait d’avoir honte. Ce n’est pas si grave après tout, ça je le sais…


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MessageSujet: Re: Clover & Hyacinthe — Hand in mine into your icy blues Dim 28 Aoû - 16:44

Hand in mine into your icy blues
hyacinthe & clover

Une nouvelle fois tu devais te rendre à l'aide social, t'avais un rendez-vou spour parler de ta situation actuelle. Assise sur un chaise en plastique très inconfortables, t'attendais que ta conseillère vienne te chercher pour parler de toi, de ta nouvelle vie et surtout d'un boulot. Ton regard se déposait de temps en temps sur ta montre et tu voyais les minutes passer lentement. Comme d'habitude, t'étais arrivée en avance, pas de beaucoup, mais bien assez pour que tu trouves le temps long. T'avais espéré qu'elle te prenne en avance, mais apparemment ça ne serait pas le cas et avec le peu de chance que tu avais ces temps, tu risquais même d'être prise en retard. Bon, de tout façon t'étais pas pressée, t'avais rien de prévue pour le restant de ta journée, à part trouver un boulot bien entendu. En parlant de ça, t'avais pas imaginée que trouver un job allait être autant difficile. Soit t'étais trop qualifiée, soit tu ne l'étais pas. Maintenant, tu comprenais pourquoi les gens galéraient autant pour trouver du travail. Peu de personne donnait une chance et c'était décevant. Enfin, ton tour arriva, une dame de petite taille, vêtue d'un tailleur d'une couleur démodée vint te chercher pour te conduire dans son bureau. Un bureau impersonnel, qui criait haut et fort qu'elle ne travaillait pas pour être compatissante, loin de là. Lentement et le coeur battant plus vite qu'il de devrait, tu t'assis en face d'elle pour commencr de parler de toi, du pourquoi t'es venue t'installer en ville. Elle déposa quelques notes sur ton dossier, un dossier bien maigre et au bout de seulement dix minutes, elle te congédia, te disant qu'elle ne pouvait pas faire grand chose pour toi. Il fallait que tu te débrouille pour trouver du boulot, t'avais pas le droit à des aides vu ton âge et tes capacités pour le travail. Tu ressortis du bureau totalement sonnée, ayant encore du mal à comprendre ce qui venait de se passer.

Tel un automate, tu te retrouvais dans les rues de la ville, essayant de paraître le plus naturelle possible, comme si tu n'avais eu aucune mauvaise nouvelle. Sauf qu'au bout de quelques mètres, tu sentis les larmes monter et tu savais que tu allais craquer. Vite, il te fallait un endroit pour t'asseoir, t'étais pas désespérée au point de t'asseoir par terre pour pleurer sur ton sort. Ton regard se déposa sur un banc désert et rapidement, tu allas t'y installer, poussant un long soupir. Tu regrettais presque d'être partie de Pasadena, d'avoir tout abandonnée pour pouvoir souffler. Peut-être que tu aurais du chercher un boulot avant de venir d'installer ici. Mais bon, ce qui était fait, était fait et on ne pouvait pas revenir en arrière. Alors que tu passais l'une de tes mains sur tes yeux pour chasser les quelques larmes que tu sentais naître, tu sentis une main se déposer sur celle que tu avais posée sur le banc frais. T'étais tellement dans tes pensées, que t'avais même pas entendu le jeune homme s'asseoir à tes côtés. Ses paroles te surprirent tellement que tu l'observais quelques instants, sans vraiment savoir quoi dire. Pourquoi pas. C'était toujours mieux que de rester toute seule à pleurer sur ton sort. En tant normal et surtout dans ton ancienne vie, t'aurais certainement pas accepté une telle proposition, surtout venant d'un inconnu. Mais si tu étais là, c'était pour changer de vie et sortir de ta bulle protectrice. Un faible sourire apparu sur ton visage et tu pris une grande inspiration pour chasser toutes les mauvaises nouvelles que tu venais de recevoir pour pouvoir profiter de cet étrange moment. Lentement, tu te levais et reposais ton regard sur le jeune homme, te demandant bien où il allait t'emmener pour te changer les idées. Surprenez-moi chez inconnu.
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MessageSujet: Re: Clover & Hyacinthe — Hand in mine into your icy blues Dim 28 Aoû - 18:25



Ces mots ont pénétré mon esprit, puis ils se sont accroché aux atomes de ma solitude qui tendaient désespérément ses liaisons d’hydrogène afin d’attraper d’autres atomes pour ne plus jamais être seul. N’importe quoi, n’importe qui… Parfois il suffit d’une présence pour sentir que l’on existe. Pourquoi pas… Parce que j’étais devenu transparent depuis mon départ de Quincy. Je n’ai pas eu la force de lui donner toutes les raisons pour lesquelles elle aurait pu refuser de vagabonder avec un homme errant. A new-York aussi nous sommes insignifiants, mais bien plus nombreux. Un type avait veillé sur moi et j’ai bêtement promis de l’aider un jour. J’imagine que je pourrais le revoir, si je ne risquais pas de finir enfermé dans une cellule en coton où l’on enferme les fous comme moi. Des fous pourtant, il en court les rues. Il avait faillit que l’on porte plainte contre moi et que l’état s’en mêle. Je ne suis pas un bandit, je suis seulement une âme maudite. J’ai vécu si longtemps à New-York après avoir fuit Philadelphie où j’ai été accusé de tentative de meurtre sans préméditation. La belle affaire, comme si cette vieille folle n’avait pas eu ce qu’elle méritait, personne ne l’a punie pour m’avoie séquestré et mis dans une prison sans raison.

Je l’ai imité quand elle s’est levée, tout comme j’avais imité son sourire en me demandant ce qu’elle allait dire. Je la trouve bien plus jolie lorsqu’elle sourit, ses grandes lèvres ne semblaient faites uniquement pour cet usage. Mon sac à dos tassait quelque peu ma silhouette et je tentais de me redresser pour rester plus grand qu’elle. Ce que je trouve les femmes grandes à présent, je ne suis qu’un homme de taille moyenne et souvent je me demande ce qui cloche avec mon horrible gueule. Avoir une amie de passage était un luxe que je ne voulais pas gâcher. Les nuages se dissipent par des mouvements de spectres et la journée me semble tout à coup tellement plus lumineuse.

J’ai traversé en tête la ligne du tramway et après quelques pas je me surprenais à penser que mes gouts poisseux n’étaient probablement pas le genre d’une femme comme elle. Si ? Pourquoi pas ? Parce que… Tant pis, ce n’est pas si grave.

— De toute manière, le plus important c’est le chemin employé. Parfois, les allures terrifiantes sont rassurantes, tu ne trouves pas ?

Je lui proposais justement de nous frayer un passage dans une ruelle biscornue où se trouvait une terrasse de café dissimulée. Parfois sentir les odeurs est rassurant alors que le cadre lui inspire les pires craintes. J’imagine seulement que personne n’ose jamais passer par là. C’est rassurant d’avoir assez de courage pour se faufiler dans les abysses quand les lumières des villes abritent les pires brutes qui ne prennent pas la peine de se cacher. Ceux qui ont de l’argent et du pouvoir comme je ne voudrais l’imaginer.

— Je m’appelle Hyacinthe. J’habite ici depuis pas très longtemps, mais j’ai visité la plupart des rues et j’ai pu établir un classement de mes endroits préférés. La nuit à Beacon Hill les becs de gaz d’un ancien temps flottent comme des fantômes et luisent sur les pavés comme des âmes parcourant les rues pour observer ce que deviennent les vivants.


Je me crispe un peu. Maudit piaf bavard que je suis. Je vais tout gâcher à coup sur. J’ai grimacé un sourire en passant une main nerveuse dans mes cheveux corbeau le regard gêné. Moi et mes stupides lieux préférés. Il faut dire que mes conversations ces derniers mois ont eu pour sujet ce pauvre Hippolyte et sa vie minable en tournoyant autour de désirs morbides. J’avais les pensées en vrac malgré mon joli nouveau manteau chaleureux en peau d’Allen.

— Je parle beaucoup trop… Je ne connais personne avec qui bavarder.


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